Per Dare / Alice Kinh

Crédit photo : Gemlin by Getty Images
Création 2022

Per Dare

Note d’intention

Farandole de Solitudes est une création sur plusieurs volets autour de la question de la mort : et si nous parlions de la mort à travers le besoin nécessaire du lien, du toucher et du contact. De la douceur, de la délicatesse et de la poésie afin que nous puissions ensemble accepter la mort comme faisant partie de la vie.

Pour se faire le spectateur est amené dans un tout autre espace temps, invité à contempler ensemble dans un temps suspendu où il n’est pus question de références mais où il est maintenant question de ressenti et de ressentir un voyage propre.

Ce deuxième volet est un solo, continuant de s’inspirer des danses macabres du Moyen-Âge et se nourrissant également du quatuor féminin qui constituait le premier volet où il était question du collectif et du toucher par rapport à la mort.

L’un des axes dans le travail de ce volet est de rendre la question de la présence et de l’absence sensible au spectateur. Comment rendre présent des êtres absents, ou des entités invisibles ?

Pour ce projet je souhaite proposer un bercement, bercement de toutes les solitudes en nous, bercement des peurs en nous, bercement des fantômes en nous.

A l’origine

Ma recherche sur les danses macabres du XVème – XVIème siècle en France est le point de départ de Farandole de Solitudes. Il y a une fascination et une peur de ces danses où chacun côtoie la mort et apprend à danser pour mourir.

Les danses macabres, en dehors des squelettes, qui peuvent impressionner, ne représentent pas une danse morbide. Au contraire, elles représentent toute la force vitale, la force créatrice, populaire et festive du vivre ensemble. A travers la danse macabre, c’est l’abolition des frontières entre le corps et le monde qui se met en scène.

L’inspiration issue des danses macabres m’a donné une ouverture pour parler de la mort dans la création, et du lien entre humain et nature pour nous aider à continuer à vivre.

Plongeon 

Accepter la mort pour mieux vivre.

Accepter le lâcher prise pour mieux se métamorphoser.

Accepter l’abandon pour mieux être connecté au monde.

Comme nous le rappelle Pascale Quignard l’étymologie latine du verbe perdre : « per dare » veut dire « donner à l’infini ». Comment le sentiment d’injustice de la perte d’un être cher peut-il être vécu comme un don à l’infini ?

Solitude et identité sont synonymes pour moi. Nous sommes tous amenés à vivre des métamorphoses dans notre vie, à l’intérieur et dans notre relation aux autres. Il s’agit donc dans cette pièce chorégraphique de parler de notre solitude intime et personnelle et aussi de nos solitudes, plurielles ou collectives.

On peut parfois se sentir étouffer dans notre société occidentale par l’angoisse de mort, vécue comme un déséquilibre. Je me propose d’apprivoiser ce sentiment en regardant la mort, ma mort et celle des autres autrement que sous l’aspect tragique, violent et plein de souffrance. Le contact entre nos solitudes, qui apparaissent selon des contextes, des espaces, des langages est le lieu de petites morts. C’est donc en passant d’une solitude à une autre, d’une identité à une autre, que l’on retrouve notre équilibre.

Dans les interviews de terrain pour ma recherche chorégraphique, je pose la question « que faites-vous lorsque votre solitude est trop forte ? »; et plus de 90% des personnes me répondent « marcher ». C’est le moment où l’on se replonge en soi, où le corps accompagne l’esprit et où ensemble ils parviennent à dissiper leurs frontières pour ne faire qu’un. La marche est cette bascule, mouvement du corps comme la pensée est une bascule de l’esprit. Ainsi, Nietzsche disait « seules les pensées que l’on a en marchant valent quelque chose ».  Dans ce mouvement nous jouons avec la perte d’équilibre, d’une pensée à une autre, d’un pas à un autre.

Jeu d’équilibre, lieu de contacts entre les individus face à la mort, la danse macabre donne une représentation idéale de la mort comme un don à l’infini. Ainsi on peut, comme le conseille Guyot Marchant, « apprendre à danser pour apprendre à mourir ».

Ma solitude, mes solitudes, nos solitudes sont autant de chances de danser ensemble pour vivre plus serein et pour accepter notre vie.

Alice Kinh

L’équipe artistique / distribution

Conception et chorégraphie : Alice Kinh
Co-créé avec et interprété par : Lea Anderson
Création musicale : Grand Soir, Maryus & Krzystof Raczynski
Création lumière et régie générale : Jérôme Bertin
Vidéo : Adrien Heinz
Costume et scénographie : en cours
Dramaturgie : Emilie Léveillé
Regard extérieur : Fred Hocké
Production : Corps Paradis
Accueil résidence (en cours) : Centre Chorégraphique National de La Rochelle (confirmé)
Soutiens (en cours) : Ville de La Rochelle (confirmée), Département Charente Maritime, Spedidam, Caisse des Dépôts, OARA, DRAC Nouvelle Aquitaine, La Manufacture Centre de Développement Chorégraphique National Nouvelle-Aquitaine Bordeaux • La Rochelle

Lea Anderson, danseuse comédienne

Lea commence très jeune à se former à la danse classique et contemporaine avant de se lancer pleinement dans le théâtre en intégrant l’Ecole Claude Mathieu à Paris.

Elle poursuit sa formation de comédienne à Londres au Giles Foreman Centre afin de perfectionner son anglais et d’approfondir son travail sur le corps et le mouvement. Elle y découvre le travail de Rudolf Laban et Yat Malgrem, tissant un lien étroit entre la danse et le théâtre.

De retour en France, Lea continue à s’enrichir de la diversité des techniques corporelles. Elle suit des stages Laban au CNSMD avec Angela Loureiro, des stages de Danse Contact avec Sylvère Lamotte, ainsi que des cours de BMC avec Noëlle Simonet. Elle danse dans les créations de Andreya Ouamba et Delphine Caron lors de projets menés par la MPAA. Forte d’une expérience d’interprète, Lea joue avec la musicalité du corps, sa transformation et la théâtralité du mouvement.

Prochainement, elle interprétera le rôle de Belle dans la nouvelle création de la compagnie AMAB : « La Belle et la Bête » et jouera Hamlet, la prochaine pièce de la compagnie Théâtre Les Pieds Nu en 2021.

Cédrit photo : Nathalie Lamblin

https://vimeo.com/332848638


GRAND SOIR, création musicale

Grand Soir est un collectif parisien inspiré par les rêves et les sursauts d’une jeunesse en quête de sens et de beauté dans une période où l’urgence permanente rend la société folle. A la croisée du hip-hop, de l’électro et du rock, un voyage coloré dans un futur évanescent, un imaginaire de douce révolte contre l’absurdité des injonctions au carpe diem et l’impuissance des nostalgies. La musique du groupe porte l’histoire parlée et chantée d’un voyage entre l’ombre et la lumière, dans l’effervescence et l’animalité de l’époque.

Krzys et Marius souhaitent porter le projet Grand Soir au sommet de la réalisation artistique, pour en faire une musique exigeante, résolument contemporaine, et créer un univers sonore et visuel à la croisée des chemins, afin d’engager un voyage collectif dans l’imaginaire des auditeurs.

Grand soir est une invitation poétique à renouer avec notre intériorité animale, et ainsi à s’affirmer avec authenticité dans l’incertitude des jungles urbaines. C’est un projet artistique collectif, ouvert et engagé.

Crédit photo : Vicente Granger

https://www.facebook.com/grandsoir.club/


Jérôme Bertin, créateur lumières

Après avoir obtenu un DEUG de psychologie à l’université des Sciences Humaines de Lille, Jérôme découvre l’animation socio-culturelle en 1993 et s’y investira jusqu’en 2000. Pendant cette période, il est également chanteur dans un groupe rock, comédien dans une troupe d’amateurs, membre du Conseil d’Administration du café-musique Nwer Leu (à Merlieux), formateur et militant aux CEMEA de Picardie.
En décembre 2001 il est employé comme régisseur lumière et plateau du Centre Culturel de Tergnier géré alors par l’association CACIT après presque 2 ans de bénévolat. Il y travaillera jusqu’en avril 2003.
Tout en continuant d’assurer quelques accueils dans les salles de la région (Centre Culturel de Tergnier, MCL de Gauchy, Splendid et Théâtre Jean Vilar de Saint-Quentin, MAL de Laon), il a signé depuis 2004 une soixantaine de créations lumières dans différents domaines du spectacle vivant : théâtre, danse contemporaine, performance, chanson française, concert rock.
En parallèle, il a assuré pendant 5 années la régie générale du festival VO en Soissonnais; pendant 2 ans, en collaboration avec le directeur technique Christophe Poux, la régie générale du festival C’est Comme Ca du CDC l’Echangeur à Château-Thierry, ainsi que la régie générale d’Etrange Cargo et les Inaccoutumés, 2 festivals de la Ménagerie de Verre.

Depuis 2003 il continue sa formation dans une entreprise de prestation son et lumière de la région et commence à travailler pour diverses compagnies de théâtre et de danse : Cie l’Echappée avec Didier Perrier ; Cie Josefa, Rachel Matéis ; Cie de l’Arcade, Vincent Dussard et Agnès Renaud ; Cie Appel d’Air, Benoit Bar ; Hapax Compagnie, Pascal Giordano.


Adrien Heinz, réalisateur et vidéaste

Adrien Heinz  est réalisateur de documentaires, fictions, clips et vidéos expérimentales.
Né en 1977 à Paris, il vit et travaille à Paris.
De nationalité franco-autrichienne, Adrien Heinz est diplômé de l’École Nationale Supérieur des Beaux-Arts de Paris (Ensba) en 2004.
Ses films ont été projetés en Europe, aux Etats-Unis  et en Amérique du Sud  sur des chaînes de TV, dans des festivals comme le Festival Court Métrange à Rennes en 2006, le Festival Pul’s vision à Strasbourg en 2006, le Festival Signes de nuit à Paris en 2008, le Festival international du film policier de Liège 2010, le Mois du film documentaire (2009); et dans des salles de cinéma (Cinéma la Clef à Paris en 2007, le Cinéma Le Denfert à Paris en (2009).
Il a participé à des expositions collectives notamment à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain (Né dans la rue, 2009), au Musée des Arts et Métiers (Croyances, Paris, 2010), à la SLICK au 104, Paris (2009);  à la biennale d’Art Contemporain de Bâle (2009), à la biennale d’Art Contemporain du Havre (2012) ainsi qu’à la Nuit Blanche (2012).

On retrouve dans ses films une certaine fascination pour la science fiction et le sacré. Évoquant un univers onirique, ils puisent leur inspiration aussi bien dans les sciences cognitives que dans l’univers des contes fantastiques et des mythes populaires.
Dans les projets documentaires À la recherche de l’éléphant blanc (2009), et Johnny Guitar: Collective Paper (2012), il interroge l’imaginaire collectif et la valeur accordée aux images médiatiques. Dans Tchuay Tchuay (produit dans le cadre de la Nuit Blanche à Aubervilliers en 2012), il invite le spectateur à s’immerger dans un voyage contemplatif d’images et de sons à travers le monde.
Dans son court métrage Nekya (2004), film de science-fiction, il soulève des questions métaphysiques liées aux avancées des sciences neurologiques. Les vidéos Neige poussière (2009) et Les aventures de Popples (2009), entre vidéo-clip et fiction, revisitent certaines croyances légendaires avec une esthétique contemporaine influencée par le street art.
Auteur de nombreux films et vidéos, il travaille depuis 2000 dans le milieu de l’audiovisuel et du cinéma. Il a été cameraman pour diverses chaînes de télévision et institutions telles que France 5, France 2 et M6 et a également été monteur pour des documentaires et des sujets d’actualités entre autres pour France 24 et lemonde.fr.

Crédit Photo : Bertrand Vacarisas

https://www.adrienheinz.com